Le saccage de la Plaine Montceleux


Dans le projet de territoire lancé en 2014, les grands objectifs affichés par l’EPA Plaine de France, aujourd’hui intégré dans la structure de Grand Paris Aménagement, vantaient la dynamisation des espaces agricoles associée aux mérites reconnus aux initiatives d’interaction positive entre mode urbain et monde rural. L’annonce du projet « Terres d’Eaux » sur la plaine Montceleux à Sevran, dans le cadre des 51 projets « Inventons la Métropole du Grand Paris » est pourtant l’illustration de visions qui confirme une nouvelle fois que les grandes ambitions « vertueuses » exprimées dans la charte agricole du Grand Roissy de juin 2016 n’étaient qu’une façade, que les associations Val d’Oise Environnement et environnement 93 avaient déjà dénoncée.

Alors que le projet « délirant » d’Europa-City et de sa piste de ski rassemble l’opposition de l’ensemble des élus de tous les territoires de Seine-Saint-Denis, il ne doit pas en être autrement pour un projet tout aussi « incohérent » annoncé pour quelques vagues de surf à Sevran.


Une ambition maraîchère déjà affirmée

Les sols du Territoire de la Plaine de France sont reconnus pour leur fertilité et leur qualité pédologique d’intérêt national, aussi bien sur le triangle de Gonesse que sur la Plaine Montceleux. Si les grandes cultures prédominent sur le bassin agricole du Grand Roissy, l’opportunité est ainsi offerte à Sevran, sur près de 33 hectares, de développer une filière maraîchère peu représentée, malgré un potentiel de marché important.
Le CDT Est-Seine-Saint-Denis, validé le 30 septembre 2014 rappelle avec force le rôle de ces territoires entre les espaces agricoles de Seine-et-Marne et les espaces urbains denses de Seine-Saint-Denis. Dans le cadre de l’Arc paysager, qui d’étend du Triangle de Gonesse jusqu’aux coteaux de l’Aulnoye, cette position charnière est bien sûr l’occasion de réinventer le rapport de la ville à la nature ; c’est bien la majorité du site qui doit être destinée à l’agriculture urbaine, associée à une distribution en circuit court.


Un risque écologique majeur


Plus de 120 000 m3 d’eau devront être pompées des nappes phréatiques pour alimenter les bassins de ce centre de loisirs, pourtant en Ile de France ces nappes ne sont pas en bon état et en novembre 2017 elles sont pour la majorité à la baisse ; pour le BRGM, « la surexploitation des eaux souterraines pourrait conduire à la dégradation, par défaut d’alimentation, de cours d’eau et/ou zones humides ». Par ailleurs l’Autorité Environnementale a pour sa part souligné les risques importants liés aux travaux engagés pour le creusement des tunnels et des gares du métro du Grand Paris aussi bien en phase de chantier qu’en phase d’exploitation, compte tenu des nécessités de rabattement des nappes. Le site de ce projet situé à moins de 800 mètres du tunnel de la ligne 16 est un risque majeur pour la bonne qualité de tout le réseau hydrologique du territoire.


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