Suite à la réunion publique du 4 décembre et à l’article du Parisien, qui ne donne qu’une vue partiale des avis qui ont été exprimés  
nous avons adressé ce droit de réponse au journal.
pour Environnement 93, Francis REDON
 

A la lecture de l'article paru dans le Parisien du 6 décembre, qui veut relater le déroulement de la réunion publique qui s'est tenue à Bobigny, le 4 décembre 2012, il semble que nous n'ayons pas assisté aux mêmes débats. La sérénité d'une telle réunion était déjà bien mal engagée alors que la liste des intervenants proposée par le garant et le comité de pilotage, s'est trouvée finalement bien plus fournie et ce, au mépris du règlement qui semblait pourtant établi. Se sont invités, ou ont été invités à se produire à la tribune, des institutions ou groupes qui n'avaient jamais participé aux débats et qui sont intervenus pour donner une aide appuyée au SYCTOM : l'ADEME, GrDF, le SIVOM de la vallée de l'Yerres et des Sénarts, gestionnaire de l'usine de Varennes-Jarcy. Ces procédés ne trompent personne.


Quant aux salariés de l'usine actuelle de Romainville, dont les inquiétudes sur la pérennité de leur emploi sont parfaitement fondées, ils n’ont pas été associés au comité de pilotage et n’ont donc pas connaissance de toutes les informations sur le fonctionnement de l’usine prévue, en particulier des conditions de travail.


L'introduction de la réunion publique par Mr Dagnaud aurait du rappeler les objectifs de ce moratoire et dresser un bilan de la concertation et des échéances à venir; il n'en a rien été. Avant même que tous les intervenants donnent leur avis sur l'ensemble des échanges qui ont eu lieu depuis le 1er février, le Président du SYCTOM balaye d'un large revers de main toutes les omissions, lacunes, insuffisances, risques d'une technologie qui pour lui reste le seul moyen de traiter les déchets de la Seine-Saint-Denis, pour affirmer que l'usine se fera avec quelques ajustement à la marge. Voilà bien une triste représentation de la concertation sur ce territoire.


En dehors des inquiétudes légitimes des riverains, vous ne mentionnez aucune des interventions tout à fait argumentées de l’Arivem, du CODEV d’Est Ensemble, de l’association Environnement 93 qui se sont approprié un dossier d’audit complexe.


Ainsi, lorsque vous écrivez que les conclusions des audits se montrent favorables au projet, vous ne lisez pas correctement les analyses qui ont été écrites par ces experts et les avis du comité de pilotage. Ces documents démontrent justement l'inverse, en particulier pour la santé et la sécurité des riverains, ils établissent les risques liées aux pollutions, à la valorisation d'un compost qui ruinera les débouchés économiques de l’installation, à l'utilisation du biogaz pour lequel les exploitants ont le plus grand mal à choisir un mode de traitement.


Lorsque vous écrivez "propos racistes", je ne les ai pas entendus, "invectives", oui et pour des raisons liées à la situation brutale du fait accompli dans laquelle les opposants au projet se sont retrouvés et que l’audit ne laissait pas présager. J'ai de mon côté noté un manque de considération évident de la part des présidents du SYCTOM et d’URBASER pour ceux qui ont essayé de montrer une nouvelle voie dans le traitement des déchets, et, de manière plus générale, un profond mépris pour l'ensemble des citoyens de la Seine-Saint-Denis.


Lorsque vous écrivez enfin qu’à Romainville, il est fait appel aux meilleures techniques disponibles, c'est bien le moins que l'on puisse faire. C'est malheureusement ce qui a été dit aussi à Montpellier et à Angers, derniers fleurons du TMB, alors que les riverains en mesurent aujourd'hui le résultat. Ceux qui considèrent que  la filière du TMB est en péril, savent parfaitement que c’est le compost qui en est issu,  pollué et hors norme, qui menace la filière vertueuse des industriels du traitement des ordures ménagères qui ont organisé une production de  compost issu de collectes sélectives,  correctement triées à la source et répondant à toutes les exigences réglementaires. Le président du Réseau Compost Plus, qui assure en France la collecte sélective de biodéchets pour 2.2 millions d’habitants, s’en est particulièrement inquiété auprès du Ministère de l’Ecologie du Développement Durable et de l’Energie à l’occasion du dernier salon des Maires.


La conclusion de Gérard Cosme, Président d’Est Ensemble, dont il faut louer la présence et l’écoute tout au long de la réunion, restera pourtant un point constructif lorsqu’il estime que projet du SYCTOM peut être remis à plat pour tenir compte de l’ensemble des avis.

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