300 Roms sur un ancien site atomique au Fort de Vaujours menacés d’expulsion

Propriétaire du terrain situé à Courtry (Seine-et-Marne),


300 Roms sur un ancien site atomique

au Fort de Vaujours menacés d’expulsion.


Propriétaire du terrain situé à Courtry (Seine-et-Marne), l’intercommunalité a lancé une procédure d’expulsion, évoquant un risque sanitaire.


Courtry, août 2019. Entre 250 et 300 Roms occupent depuis juin un ancien terrain du Commissariat à l’énergie atomique, situé à proximité du Fort de Vaujours et sur lequel l’intercommunalité prévoit de créer une ferme photovoltaïque. LP/Hendrik Delaire

Par Hendrik Delaire Le 11 septembre 2019 à 15h12, modifié le 11 septembre 2019 à 16h12

Ils se sont invités sans autorisation à proximité immédiate du Fort de Vaujours. Près de 300 Roms sont installés sans autorisation sur le terrain du plateau du Bel-Air, à Courtry (Seine-et- Marne).

Propriétaire de ce terrain, la communauté d'agglomération Paris Vallée de la Marne (PVM) a lancé une procédure d'expulsion auprès du tribunal de Meaux pour occupation illicite. Une audience s'est tenue ce mercredi à Meaux. La décision sera rendue le 25 septembre.

Si seules quelques familles ont investi les lieux en juin, une centaine de Roms étaient présents sur l'ancien terrain du Commissariat à l'énergie atomique à la mi-août. Ils seraient désormais entre 250 et 300 selon la police, qui assure qu'ils ne génèrent pas de trouble à l'ordre public.

« Ces familles sont effectivement installées depuis le 17 juin sur le site du Fort à Courtry », commente l'intercommunalité.


«Des risques sanitaires», selon l'intercommunalité


« Outre l'occupation illicite d'un terrain appartenant à la communauté d'agglomération, la demande de procédure d'expulsion est renforcée par le fait que le site de Vaujours présente des risques sanitaires comme la pollution des sols », renchérit un responsable de PVM.

Si ce terrain ne se trouve pas dans le giron du plâtrier Placoplatre, il faisait partie de l'emprise de l'ancien site du Commissariat à l'énergie atomique. C'est là, notamment, qu'a été conçu et essayé le détonateur de Gerboise bleue, la première bombe atomique française.

Après son abandon en 1997, la majorité du site a été rachetée par Placoplatre en 2010. Une parcelle de 16 hectares, celle qui est en partie squattée aujourd'hui, a été acquise par l'ex- communauté d'agglomération Marne et Chantereine.


«Ces 45 hectares n'auraient jamais dû être vendus»

« Un arrêté préfectoral datant de 2005 a instauré des servitudes d'utilité publique limitant l'usage du site à des activités industrielles ou de services à l'industrie. L'usage résidentiel, les activités entraînant la présence régulière d'enfants, les établissements recevant du public et les lieux de rassemblement de personnes y sont proscrits », ajoute Paris Vallée de la Marne, qui a décidé en décembre dernier de la construction d'une centrale électrique photovoltaïque sur le terrain.

Conseiller municipal d'opposition à Courtry et observateur attentif du dossier de dépollution du site, Grégory Jurado (LFI) estime que le terrain aujourd'hui squatté, « c'est le Fort de Vaujours en tant que tel ! »

« Même si on nous explique que seuls des bâtiments administratifs s'y trouvaient, cette parcelle a subi les mêmes essais à l'air libre et est sujette aux mêmes risques de pollution des terres et de la pluie, juge-t-il. Ce genre d'intrusion démontre que l'Etat n'a pas pris ses responsabilités. Entre 2000 et 2010, il aurait fallu mieux dépolluer le site et accentuer sa sanctuarisation. »

L'élu Insoumis achève : « Ces 45 hectares n'auraient jamais dû être vendus à Placoplatre et à PVM ! »

 
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